Eclairage sur la mort de Louis Ier Prince de Condé

le 13 mars 1569

(extrait de " CONDE - Le Prince de Condé ", notice écrite par Alain Pasté de Rochefort ,en vente au Château de Condé)

ã Château de Condé

 

" ( ... ) La bataille de Jarnac s'ouvre pour lui dans de très mauvaises conditions; ayant eu une jambe brisée par un coup de pied du cheval de son beau-frère La Rochefoucauld*, il n'envisage pas un instant de quitter le combat mais peut-être cherchant une mort héroïque ou se souvenant de la devise de son oncle le Cardinal "ni peur ni espoir", il fait flotter bien haut sa bannière portant la devise "Doux péril pour Christ et la Patrie" et déclare à ses gens (selon d'Aubigné) "voici noblesse française, voici le moment désiré; souvenez-vous en quel état Louis de Bourbon entre au combat pour Christ et la Patrie".

 

Après une première charge victorieuse, ses 300 cavaliers inférieurs en nombre aux 800 lances du Duc d'Anjou sont pris à revers par les reîtres allemands soldés par le trésor royal. Son cheval est tué et sa jambe brisée l'empêche d'enfourcher une autre monture. A terre, isolé, il se résout enfin à rendre ses gantelets à deux gentilshommes catholiques qu'il connaît et qui essaient de le sauver; mais survient Montesquiou, l'un des capitaines des "manteaux rouges" du Duc d'Anjou qui sachant la haine de son maître et voyant le Prince à terre, s'approche au galop en criant "Tue, tue mordious" et lui tire, par derrière, un coup de pistolet dans la tête.

 

Le corps du Prince est ensuite, par dérision, chargé sur un âne et reste pendant deux jours exposé aux quolibets du Duc d'Anjou et de ses partisans; enfin, rendu à son beau-frère le Duc de Longueville (frère de Françoise d'Orléans), il est inhumé avec respect à Vendôme dans la sépulture de ses ancêtres.

 

Cette fin tragique dont il a du avoir le pressentiment reste gravée dans la mémoire de son fils Henri âgé de 17 ans qui, comme son cousin Henri de Navarre, le futur Henri IV âgé de 16 ans, était présent à ses côtés à la bataille de Jarnac où ils faisaient leurs premières armes sous sa direction.

 

Chevalier malheureux d'une cause trop moderne pour lui, il laisse malgré ses défauts et parfois ses revirements, l'image d'un homme valeureux et droit, perdu au milieu d'une époque qui ne reconnaît plus ses valeurs. La Noue, son contemporain laisse de lui un jugement impartial, disant: "En hardiesse aucun de son siècle ne le surmontait ni en courtoisie. Il parlait fort disertement plus de nature que d'art, était libéral et fort affable à toutes personnes et avec cela excellent chef de guerre, néanmoins amateur de paix" ( ... )"

(extrait de " CONDE - Le Prince de Condé ", notice écrite par Alain Pasté de Rochefort, en vente au Château de Condé)

ã Château de Condé

 

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